POTENTIALITÉS THÉRAPEUTIQUES DE LA PSILOCYBINE DANS LE TROUBLE DÉPRESSIF MAJEUR ET DANS LA DÉPRESSION RÉSISTANTE AU TRAITEMENT
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- La psilocybine, un alcaloïde indolique, présent dans les champignons magiques, suscite un intérêt croissant dans le traitement des troubles dépressifs majeurs (TDM) ainsi que la dépression résistante au traitement (DRT) à tel point que la Food and Drug Administration (FDA) l’a qualifié de traitement potentiellement révolutionnaire dans ces indications. Son métabolite actif, la psilocine, agoniste partiel des récepteurs 5-HT2A, entraîne des effets thérapeutiques sur toutes les composantes de l’étiopathologie des TDM avec un rôle antidépresseur, anxiolytique, anti-inflammatoire, neuroplastique ainsi que des effets psychédéliques facilitant la psychothérapie. Les essais cliniques ont donc examiné l'efficacité de la psilocybine en combinaison avec la psychothérapie dans le cadre de la psychothérapie-assistée par la psilocybine dans le traitement des TDM et de la DRT. Les résultats de ces études montrent que la psilocybine est un psychoplastogène présentant un effet anxiolytique et antidépresseur d’action rapide et durable après seulement une prise contrastant avec l’effet antidépresseur retardé, observé avec les thérapeutiques conventionnelles. Un essai a même suggéré que l’association de la psychothérapie-assistée par la psilocybine avec les Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS) serait sure et ne justifierait plus un sevrage préalable des ISRS. De plus, cette association aurait même potentiel de traitement par complémentarité d’action en cas de réponse partielle aux antidépresseurs. Comparé à l’ISRS de référence, l’escitalopram, l’efficacité à court terme s’est révélée équivalente avec seulement un rapport de non-infériorité. Néanmoins, les effets neuroplastiques et l'effet psychédélique unique de la psilocybine pourraient influencer les résultats à plus long terme. En ce qui concerne les effets secondaires et la tolérabilité, la psilocybine semble produire des effets indésirables légers et temporaires, avec une bonne acceptabilité globale comparés aux antidépresseurs conventionnels. Malgré ces résultats prometteurs, les essais cliniques ont des limitations tels que les biais de suggestion liés aux effets psychédéliques et l'absence de possibilité de mise en double aveugle posant des défis méthodologiques. Des études à plus long terme sont donc nécessaires pour confirmer ces effets thérapeutiques durables et évaluer les risques tels que la psychose et les troubles persistants de la perception. En conclusion, la psilocybine représente un espoir pour le traitement des TDM et de la DRT. Cependant, sa classification en tant que substance contrôlée limite les essais cliniques. Une mobilisation de la communauté scientifique pour convaincre les décideurs politiques de revoir cette classification serait essentielle pour permettre des études plus approfondies avec de plus grands échantillons et des périodes de suivi prolongées. L’intégration de la psilocybine dans la pratique médicale courante serait alors possible mais nécessiterait des ajustements pratiques, une formation spécialisée et un changement de paradigme de l'approche médicale des TDM. Malgré ces défis, la psilocybine pourrait offrir un renouveau thérapeutique pour le TDM et la DRT ou un complément des approches traditionnelles.