Opioïdes dans la douleur chronique non cancéreuse : pistes pour une réduction de leur prescription et amélioration de la prise en charge de la douleur chronique en médecine générale : analyse quantitative effectuée sur base d'une enquête soumise à des médecins généralistes en Wallonie et à Bruxelles
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- La douleur chronique est une pathologie complexe de par sa subjectivité et l’influence importante de multiples facteurs biopsychosociaux. 20% de la population belge en souffre. Ces dernières années, on observe une augmentation importante de la prescription d’opioïdes dans cette indication, or, les recommandations vont toutes dans le même sens : il faut optimaliser les thérapies non pharmacologiques et pharmacologiques non opioïdes ; surtout que les études démontrent peu d’efficacité dans cette indication. L’objectif de ce TFE est d’identifier quels sont les freins et facilitateurs à une réduction de la prescription d’opioïdes chez les patients adultes souffrant de douleur chroniques en médecine générale. Après une revue de la littérature effectuée sur les principaux moteurs de recherche, j’ai construit un questionnaire à l’intention des médecins généralistes, que j’ai fait réviser par 5 confrères. Je l’ai ensuite soumis à différents cercles de médecine générale ainsi que par le biais de la Société Scientifique de médecine générale. Le questionnaire était divisé en 3 blocs de questions visant à : 1) évaluer les caractéristiques de l’échantillon, 2) les habitudes de prescription/prise en charge dans la douleur chronique, 3) les problématiques provoquées par les opioïdes utilisés dans le cadre de la douleur chronique ainsi que les pistes possibles pour une réduction des opioïdes et une amélioration de la prise en charge de la douleur chronique non cancéreuse en médecine générale. L’analyse des résultats utilise les outils de la statistique descriptive. 106 médecins ont participé à l’enquête. On constate peu de différence vis-à-vis des profils de prise en charge entre les médecins ayant suivi une formation en douleur chronique et ceux qui n’en ont pas eue. Les antalgiques de palier 1, la kinésithérapie/l’ostéopathie et la pratique d’exercices physiques sont principalement employés par les généralistes de l’échantillon. Les autres thérapies (psychologie, TENS, anesthésiques locaux, algologie) sont peu exploitées. Les opioïdes sont principalement prescrits pour le soulagement d’une crise douloureuse, amélioration de la douleur et l’amélioration fonctionnelle. La surconsommation, l’accoutumance, le shopping médical sont les principales problématiques rencontrées. Les pistes évoquées pour améliorer la prise en charge sont multiples : de meilleurs remboursements en kiné et psychologie, une meilleure accessibilité des services d’algologie, insister sur l’éducation du patient et l’information au grand public, améliorer/majorer la formation des généralistes dans ce domaine, avoir accès au profil pharmacologique du patient pour déceler plus facilement les risques de shopping médical/mésusage. De nombreuses études devraient encore être effectuées dans ce domaine tant la problématique est complexe.