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Sur la fortune critique de Chaïm Soutine (1893/1894 – 1943)

(2018)

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Abstract
L’objet de la présente étude porte sur la réception critique française de Chaïm Soutine (1893/1894-1943) ; soit la manière dont l’artiste est reçu par la critique de son temps entre 1923 et 1945. En 1913, Soutine arrive à Paris comme de nombreux artistes juifs émigrés de l’Europe de l’est. Soutine connaît la vie de bohème jusqu’à l’arrivée du succès suite à l’achat de plusieurs de ses toiles par le collectionneur Albert Barnes (1872-1951) à destination de sa Fondation en Pennsylvanie. Soutine se voit propulsé sur le devant de la scène artistique en France. Mais, dans un climat en partie marqué par la xénophobie et l’antisémitisme, la réception de Soutine auprès de la critique oscille paradoxalement entre le rejet et l’intégration. La notoriété soudaine dont bénéficie l’artiste, grâce à un réseau artistique caractérisé par une synergie entre marchands et collectionneurs, questionne alors une partie de la critique extrémiste : sa fortune critique est lancée. Dans un premier temps, Soutine participe involontairement à la naissance de l’École de Paris, marquée par un débat plus politique qu’artistique. Que ce soit ses plus ardents défenseurs ou ses plus vifs détracteurs, tous refusent à Soutine sa parenté avec la peinture française en raison d’un déterminisme biologique propre à « l’ethnie » juive. Contraint d’obtempérer à une injonction paradoxale qui lui impose de s’adapter alors qu’il ne sera jamais considéré comme un artiste français, Soutine est condamné à rester en marge, dans une École de Paris incessamment opposée à l’École française. L’artiste est appréhendé uniquement sous le prisme de la judéité qui semble dominer l’ensemble de sa fortune critique. Outre ces considérations ethniques, l’artiste est pourtant considéré comme un peintre de la couleur, de la matière, des déformations et de la laideur. Cela étant, la singularité esthétique de son œuvre en appelle à un désir croissant de catégorisation pour la critique. Dans un contexte parisien hostile à tout germanisme, qualifier Soutine d’expressionniste revient à le marginaliser davantage puisqu’il est synonyme d’étranger durant l’entre-deux-guerres. Ce faisant, considéré comme un être d’exception mais profondément tourmenté, Soutine allait être classé dans une dernière catégorie par la critique : celle de l’artiste maudit. La critique, en sublimant son « long martyrologue » sous forme d’hagiographie, en vient à consacrer un artiste maudit de son vivant et aussi après sa mort. En effet, en 1945, la Galerie de France rend hommage à Soutine à travers une rétrospective qui résonne comme une forme de réparation et consolide davantage le phénomène d’héroïsation à son égard.