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La viole d’amour en Belgique, au travers de la collection du Musée des instruments de musique de Bruxelles (MIM) et du Guide musical (1855-1914)

(2017)

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La viole d’amour, instrument à cordes frottées comportant des cordes sympathiques vibrant selon le principe de la résonance, largement utilisée au XVIIe et XVIIIe siècle comme instrument soliste ou accompagnant, subit au début du XIXe siècle une désaffection et est détrônée par les instruments bien sonores de la famille du violon. Le désintérêt est de courte durée, la viole d’amour, réputée pour sa douce sonorité et la beauté de ses éléments décoratifs et fonctionnels – tête d’ange finement sculptée, ouïes en forme de flamme – connaît une résurgence progressive au XIXe siècle, et un nouvel Âge d’Or dans l’Europe de la Belle Époque. C’est sur ce moment clé que nous avons porté notre recherche, au travers de la collection riche et diversifiée des dix-sept violes d’amour du Musée des instruments de musique de Bruxelles (MIM), qui, lors de sa création en 1877, est rattaché au Conservatoire royal de musique de Bruxelles. L’étude organologique des témoins représentatifs de la facture européenne, depuis le XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, a permis d’établir des comparaisons générales au niveau de la forme, des mensurations et de l’esthétique ; le travail inédit à l’endoscope, une des parties les plus passionnantes de nos recherches, a permis de scruter au plus profond les instruments. La remise en question de l’attribution de certaines violes remet une nouvelle fois le problème de la falsification en exergue, à une époque à la croisée des chemins entre tradition et modernité. Le dépouillement du Guide musical – revue belgo-française éditée entre 1855 et 1914 – nous a permis non seulement de juger de l’importance de la viole d’amour dans les concerts organisés en Belgique et en France avant la première guerre mondiale, mais également de mettre en évidence le rôle majeur qu’ont joué d’une part le Conservatoire de Bruxelles, et d’autre part le Brugeois Van Waefelghem, virtuose de la viole d’amour. La recherche de partitions pour viole d’amour datant des années 1900, nous a amenée à découvrir, et à étudier avec enthousiasme, quelques arrangements manuscrits enfouis dans les réserves de la bibliothèque du Conservatoire de Bruxelles.