Ils ne sont pas partis: comprendre ce qui favorise la rétention des enseignants novices en milieu urbain.
Files
DEKEYSER_SPEECKAERT_3992-08-00_2021.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 2.23 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Le présent mémoire s’inscrit dans le cadre d’un master en Sciences de l’éducation au sein de l’Université Catholique de Louvain. Partant du constat du « choc de la réalité » (März, Gaikhorst & Van Nieuwenhoven, 2019) qui entoure le phénomène d’insertion professionnelle des novices (Delvaux, Desmarez, Lothaire & Veinstein, 2013 ; Mukamurera, Martineau, Bouthiette & Ndoreraho, 2013) et particulièrement dans le contexte urbain, il a pour ambition de comprendre ce qui peut encourager un enseignant débutant à travailler dans ce type d’environnement. En effet, ce dernier est régulièrement pointé du doigt par la littérature parce qu’il se présente comme une difficulté supplémentaire de par la mixité sociale et culturelle qui le caractérise (Gaikhorst et al., 2017). C’est néanmoins dans une perspective plus optimiste que nous avons voulu cibler le sujet en partant du postulat que comprendre les raisons qui expliquent la rétention dans un tel contexte fera émerger des éléments qui n’auraient pu être perçus dans le cas d’études sur l’attrition. Nous avons donc voulu décrire ce qui, d’une part, explique pourquoi les jeunes enseignants n’ont pas quitté l’environnement citadin ; plus spécifiquement Bruxelles, et d’autre part les facteurs organisationnels et personnels qui entretiennent leur rétention et les motivent au quotidien. Afin de répondre à nos questions de recherche, nous avons mené une étude qualitative de type phénoménologique au cours de laquelle nous avons interviewé 15 novices enseignant dans diverses écoles secondaires à Bruxelles au moyen d’entretiens semi-directifs. Celle-ci a premièrement démontré qu’il existe une forme de familiarité au contexte qui s’explique principalement par les expériences personnelles qui ont forgées nos candidats. Ainsi, le milieu urbain n’a pas été concrètement décrit comme « difficile » par ces derniers. Deuxièmement, elle a mis en évidence que les enseignants résilients ont tendance à persister dans un établissement qui correspond à leur conception d’une « bonne école ». Ce dernier point met par ailleurs en exergue, l’importance des facteurs organisationnels qui favoriseront l’insertion professionnelle du jeune enseignant et donc inéluctablement, la manière dont les établissements scolaires sont gérés par leur direction. Il replace également la question du processus d’embauche et de l’identité enseignante au centre des discussions dans l’optique de faire « matcher » une école avec un profil enseignant. Notons également que, c’est principalement le soutien relationnel et l’amour pour la profession qui ont été retenus comme condition sine qua none à leur rétention. Ces conclusions appellent cependant à définir plus précisément le terme « urbain » qui est parfois sujet à des raccourcis malencontreux à propos de sa population. Le cas de Bruxelles présente à ce sujet des réalités très différentes selon les quartiers, pourtant localisés au sein d’une même commune. Plus encore, cette thématique doit faire l’objet d’autres orientations de recherche afin de caractériser les profils d’écoles et d’enseignants.