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Desonniaux_1043-10-00_2018.pdf
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- Durant le pontificat de saint Léon le Grand (440-461), il y a un tournant dans la revendication de l’évêque de Rome pour une autorité plus grande et un honneur particulier sur le fait qu’il est le successeur de Pierre. S’il n’est pas le premier pontife à théoriser cette idée, c’est avec lui que ces revendications vont se faire plus fortes. Ces revendications, il les développe dans toute son œuvre mais notamment dans ses sermons, textes qu'il lut à ses fidèles à l'occasion de fêtes liturgiques. C’est durant ce siècle, et notamment durant son pontificat, que le monde occidental change profondément. L’ouest de l’empire romain n’est plus que l’ombre de lui même, les querelles internes de l’empire vont l’amener à sa chute seulement quinze après la mort de Léon le Grand. L’Église elle même est traversée par des disputes dogmatiques profondes ainsi que par des luttes intestines. Léon le Grand apparaît donc dans un monde divisé, il va alors développer les revendications pétriniennes au trône papal. En faisant cela, il veut apparaître comme un chef de file, ramener l’Église et l’empire dans une stabilité mais surtout dans une union. Il est impératif que le message de la foi reste pure. Comme Pierre qui fut chargé d'annoncer le message christique et de le garder, le pape doit à son tour faire en sorte que les idées déviantes, qui pullulent durant ce siècle, n'altèrent pas ce message, il en est le garant. Pour lui, le rôle de l’évêque romain est ici indispensable, c’est celui qui peut, avec la reconnaissance des évêques derrière lui, amener les communautés à ne pas se diviser et en étant en communion autour de lui. Il revendique donc un pouvoir plus grand que ses homologues mais aussi une plus grande responsabilité. Le pontife n’applique pas ces éléments sur une communauté particulière mais sur le peuple chrétien tout entier. Léon le Grand légitime cette idée par l’héritage que Pierre a reçu du Christ et qu’il a lui même légué à ses successeurs. Les évêques romains qui lui succèderont, continueront à défendre et à revendiquer la position particulière qu’occupe le pontife.