Le rôle des pensées répétitives négatives dans la vulnérabilité des perfectionnistes aux troubles anxio-dépressifs
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- Introduction : Le perfectionnisme est un facteur de vulnérabilité des troubles anxio-dépressifs et des troubles des conduites alimentaires (Egan et al., 2011; Flett et al., 2002; Frost & DiBartolo, 2002). De plus, les processus impliqués dans cette vulnérabilité sont peu connus. Le modèle H-EX-A-GO-N de Watkins et Roberts (2020) présente un compte rendu théorique des mécanismes d’apparition et de maintien des pensées répétitives négatives. Certains de ces mécanismes semblent liés au perfectionnisme et les pensées répétitives négatives pourraient jouer un rôle important dans la relation entre le perfectionnisme et la détresse psychologique. L’objectif principal de ce mémoire est d’étudier le rôle des pensées répétitives négatives dans la plus grande vulnérabilité des perfectionnistes à développer différentes symptomatologies. Cette recherche a formulé les deux problématiques suivantes : (1) quelle est la relation entre le perfectionnisme et les pensées répétitives ; et (2) les pensées répétitives médiatisent-elles la relation entre le perfectionnisme et la détresse psychologique. Méthode : Une revue de la littérature systématique a été réalisée en utilisant trois bases de données (PsycINFO, PubMed, et Scopus). La procédure de sélection des études a suivi les guidelines de la méthode PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Review and Meta-Analyses) de Moher et al. (2009). Un total de 22 études ont été incluses. Résultats : L’analyse de l’ensemble des corrélations montre : (1) les scores aux échelles du perfectionnisme sont d’une part, corrélés positivement aux scores des échelles évaluant les pensées répétitives non-constructives négatives et d’autre part, ne sont pas corrélés significativement aux scores des échelles évaluant les pensées répétitives constructives ou positives ; et (2) les corrélations positives entre les mesures du perfectionnisme et les mesures de la détresse psychologique sont médiatisées par les mesures des pensées répétitives non-constructives ou négatives. Discussion : La présente étude suggère que la relation positive observée entre le perfectionnisme et la détresse psychologique est médiatisée par les pensées répétitives non-constructives ou négatives. Il semble que des niveaux élevés de perfectionnisme associés à une utilisation automatique d’un mode de traitement de l’information abstrait analytique conduisent à une régulation émotionnelle dysfonctionnelle et par conséquent, à de la détresse psychologique. Cependant, le design transversal des études incluses ne permet pas de parler de lien de cause à effet entre ces variables. Des recherches longitudinales et manipulant expérimentalement le perfectionnisme sont nécessaires pour éclairer au fil du temps les processus cognitifs impliqués dans la vulnérabilité des perfectionnistes à développer différentes symptomatologies.