Perception du mouvement et biais biomécanique : quel est l'impact du Landmark Attraction Effect ?
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- Les recherches sur la perception du mouvement humain suggèrent qu’elle est modulée par différentes variables, et notamment par nos connaissances sur la biomécanique humaine (e.g., Shiffrar & Freyd, 1990 ; 1993). Cet effet est appelé le biais biomécanique. À travers le paradigme de Representational Momentum (RM), il a été mis en évidence que des mouvements plus faciles à poursuivre au niveau des contraintes biomécaniques du corps sont plus anticipés que des mouvements plus difficiles à poursuivre (Freyd & Finke, 1984 ; Vannuscorps & Caramazza, 2016b ; Wilson et al., 2010). Les auteurs ont suggéré que cette différence est expliquée par le biais biomécanique. Cependant, Hubbard et Ruppel (1999) ont montré que des participants anticipent de manière plus importante des stimuli se dirigeant vers des distracteurs. Ce biais est nommé le Landmark Attraction Effect (LAE). En outre, dans les études de Vannuscorps et Caramazza (2016b) ainsi que de Wilson et ses collègues (2010), les mouvements plus faciles à continuer représentent des mouvements du bras qui se dirigent vers le corps de l’acteur et inversement pour les mouvements plus difficiles à continuer. Le corps pouvant être perçu comme un distracteur, cela pourrait expliquer la différence d’anticipation entre les deux types de mouvements. Dans le cadre de ce mémoire, nous avons testé l’hypothèse que la différence d’anticipation entre les mouvements faciles et difficiles à continuer pourrait être expliquée par le LAE et non par le biais biomécanique. Pour ce faire, un groupe de participants a effectué une tâche de RM avec des stimuli humains et des stimuli géométriques, tandis qu’un autre a effectué la tâche seulement avec des stimuli humains. Nos analyses ont porté sur la comparaison des données entre les stimuli humains et les stimuli géométriques. Les résultats ont montré une plus grande tendance des participants à anticiper les mouvements se dirigeant vers le distracteur que ceux se dirigeant à l’opposé et ce, d’autant plus avec les stimuli humains qu’avec les stimuli géométriques. Ils indiquent ainsi que la différence de perception entre les deux types de mouvements avec les stimuli humains ne peut pas être expliquée par le LAE, mais suggèrent qu’elle le soit par le biais biomécanique.