La consommation de contenus alimentaires sur les réseaux sociaux et le comportement alimentaire des jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans en Belgique. Analyse de données récoltées via un questionnaire en ligne
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- Introduction : Les jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans sont les plus grands utilisateurs de réseaux sociaux notamment Facebook et Instagram. La recrudescence de contenus alimentaires sur les réseaux est un fait depuis ces dix dernières années. L’alimentation des Belges n’est pas conforme aux recommandations alimentaires nationales, alors qu’une alimentation de mauvaise qualité nutritionnelle est un facteur de risque modifiable majeur pour les maladies non transmissibles. En pleine indépendance parentale et financière, cette tranche d’âge est propice aux changements alimentaires. Le but de cette étude transversale à petite échelle vise à évaluer les effets de la consommation de contenus alimentaires sur les réseaux sociaux et les comportements alimentaires perçus des jeunes belges pour comprendre la place de littératie alimentaire (LA) dans ces effets. Méthodes : Les données ont été récoltées par un questionnaire anonyme en ligne, créé par le logiciel Qualtrics XM. La méthode d’échantillonnage « boule de neige » a été utilisée pour recruter des participants belges âgés de minimum 18 ans et maximum 34 ans. Pour ce faire, ce questionnaire a été diffusé (entre février 2022 et mars 2022) sous forme d’enquête via les courriels et les réseaux sociaux Facebook et Instagram. L’enquête reprenait le Short Food Literacy Questionnaire (SFLQ) pour mesurer le niveau de LA. Une analyse statistique a été réalisée sur le logiciel SPSS pour mesurer les facteurs associés au changement de comportements alimentaires suite à l’exposition de contenus alimentaires présents sur les réseaux sociaux. Principaux résultats :Au total, 212 réponses complètes ont été retenues. L’échantillon comprenait 86,8 % de femmes et était majoritairement composé de personnes diplômées de l’enseignement supérieur. La régression linéaire simple a montré une corrélation faiblement positive et significative entre la motivation à cuisiner un plat publié par un influenceur sur les réseaux sociaux et le temps passé sur les réseaux sociaux (r : 0,163). La régression linéaire multiple a également montré une association significative entre l’âge, l’affiliation à du contenu alimentaire et la motivation à cuisiner un plat publié par un influenceur sur les réseaux sociaux. Le modèle final, comprenant l’âge et l’affiliation à du contenu, permet d’expliquer 18,4 % de la variance de la motivation à cuisiner un plat publié. De plus, l’affiliation à du contenu alimentaire était corrélée à un score significativement plus élevé de LA que les non affiliés dans notre échantillon. Toutefois, les données analysées n’ont pas permis de démontrer que les jeunes adultes belges affiliés à du contenu alimentaire sur les réseaux sociaux avaient des changements de consommation alimentaire plus sains que ceux qui ne l’étaient pas. Discussion :Dans cette étude, l’hypothèse principale selon laquelle il existe une association entre la consommation de contenus alimentaires diffusés par les réseaux sociaux et les comportements alimentaires des jeunes adultes n’a pu être complètement vérifiée. Elle a cependant permis de conclure que l’affiliation à du contenu alimentaire sur les réseaux sociaux était liée à une plus grande motivation à cuisiner un plat publié et à un score de LA plus élevé dans notre échantillon. La non représentativité de l’échantillon fait partie des limites importantes à prendre en compte dans l’analyse des résultats. Des preuves naissantes suggèrent l’utilité de la promotion d’une alimentation équilibrée auprès des jeunes adultes via les réseaux sociaux. En effet, il s’agit d’un moyen d’instaurer des habitudes saines qui auront des bienfaits à long terme sur la santé. Des recherches futures sont nécessaires afin de mieux comprendre les effets du contenu alimentaire des réseaux sociaux sur les relations entre la LA et les comportements alimentaires.