Le cas de la commercialisation des fruits et légumes moches en grande distribution dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire.
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- De nos jours, le gaspillage alimentaire est une préoccupation pour la société. En effet, pas moins de 1,3 milliard de tonnes de nourriture est jeté annuellement tout au long de la chaîne d’approvisionnement (Secondi et al., 2015), ce qui représente un tiers de la production mondiale (Porpino et al., 2015). Dans ce cadre, pour lutter contre ce gâchis, certaines initiatives ont vu le jour à différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement. C’est notamment le cas dans certaines enseignes de la grande distribution en Europe puisqu’elles commercialisent désormais des fruits et légumes moches. Ces derniers sont des fruits et légumes qui ne correspondent pas aux critères de calibre imposés par la législation et n’étaient ainsi, autrefois, pas commercialisés en raison de leur apparence (de Hooge et al., 2018). Ce mémoire a pour objectif d’approfondir les connaissances liées à cette thématique, peu étudiée, à priori, dans la littérature scientifique. Premièrement, nous avons étudié la contribution des fruits et légumes moches au gaspillage alimentaire. Deuxièmement, nous nous sommes intéressés aux freins à la vente de ces produits. Troisièmement, nous avons étudié comment les consommateurs belges perçoivent ces derniers et les enseignes qui les commercialisent. Enfin, les freins et motivations des consommateurs à l’achat de ces produits, le profil des consommateurs susceptibles d’en acheter et les facteurs influençant leurs intentions d’achat ont aussi été analysés. Concernant la méthodologie, le mémoire est constitué d’une partie qualitative et d’une partie quantitative. La première partie est composée d’entretiens d’experts (fédérations, distributeurs, agriculteurs) et d’entretien avec des consommateurs. La partie quantitative teste les hypothèses émises après avoir soumis un questionnaire à plus de 450 personnes. Les résultats du mémoire mènent à des constats intéressants. D’une part, il ressort des entretiens avec les experts que les fruits et légumes moches n’engendrent pas un gaspillage alimentaire conséquent car ils sont souvent redirigés vers des filières alternatives. Quant aux freins à la commercialisation de ces produits, ils sont principalement d’ordre économique et logistique. D’autre part, l’enquête quantitative montre que les consommateurs belges perçoivent ces produits moches comme ayant une qualité supérieure à celle des fruits et légumes calibrés. Néanmoins, la difficulté d’épluchage des produits moches et la présence de taches sur ceux-ci sont des freins à leur achat. En revanche, un prix réduit et la volonté de protéger l’environnement augmentent leurs intentions d’achat. Les enseignes qui commercialisent ces produits sont perçues majoritairement comme étant responsables. Cependant, certains consommateurs associent davantage la vente de ces produits à un coup marketing plutôt qu’à une réelle volonté de protéger l’environnement. A noter que les plus jeunes, les femmes, les personnes ayant des préoccupations environnementales élevées, celles qui sont familières avec ces produits et celles qui en ont déjà consommés sont davantage susceptibles d’en acheter. Ces différents constats ont permis de développer des recommandations managériales ainsi que des pistes pour des recherches futures.