La figure littéraire de la sorcière entre 1580 et 1630 : alliance de la perpétuation d’une tradition fictionnelle et de l’écriture d’une réalité contemporaine
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- FR Personnage traditionnel de la fiction, la sorcière devient un protagoniste récurrent de la littérature lors des XVIe et XVIIe siècles, période sanglante de la grande chasse aux sorcières. Les auteurs empruntent alors aux textes de leurs prédécesseurs certaines caractéristiques ancrées dans l’imaginaire commun afin d’élaborer leur propre image de la sorcière. Les œuvres publiées lors de ces années sont écrites dans un contexte particulièrement sanglant et placent la jeteuse de sort au premier plan en la rendant responsable de tous les maux de la société de l’époque. De nombreux auteurs sont donc, à ce moment-là, hostiles aux sorcières et le démontrent dans leurs écrits. Ainsi, la réalisation de ce mémoire vise à comprendre l’articulation entre ces deux pans de la représentation de la figure de la sorcière en littérature : la perpétuation d’une tradition fictionnelle et l’écriture d’une réalité contemporaine au sein de la période charnière de ces deux siècles ( 1580-1630). Pour ce faire, nous nous intéressons dans ce travail à un panel complet de textes mettant en scène ces personnages maléfiques dans la période étudiée. Le premier chapitre de ce mémoire propose ainsi une analyse de trois traités démonologiques les plus reconnus : De praestigiis daemonum de Jean Wier, De la démonomanie des sorciers de Jean Bodin et le Tableau de l’inconstance des mauvais anges et démons de Pierre de Lancre. Ces ouvrages nous permettent de comprendre l’élaboration du portrait pénal de la sorcière, ainsi que l’introduction de topos littéraires qui perdurent encore aujourd’hui. Nous analysons ensuite la représentation de la sorcière dans un genre caractéristique de cette sombre période, celui de l’histoire tragique, à travers l’étude des recueils des deux auteurs publiant au début du XVIIe siècle : François de Rosset et Jean Pierre Camus. Dans leurs Histoires tragiques et leurs Nouvelles, ces écrivains mettent en récit les horribles faits reprochés aux sorciers et sorcières. Leurs textes sont généralement inspirés de faits réels et reprennent les descriptions des magiciennes données par les démonologues. Le troisième et dernier chapitre de ce mémoire offrira une étude précise de la représentation du personnage diabolique au sein de la littérature satirique et polémique entre 1580 et 1630. Nous nous attarderons d’abord sur l’illustration misogyne des jeteuses de sorts dans les satires de Charles-Simon de Sigogne, avant d’analyser l’instrumentalisation politique du personnage de la sorcière au sein des pamphlet visant à discréditer les figures de Catherine de Médicis ( Discours merveilleux de la vie, actions et déportements de Catherine de Médicis Reine mère et Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné), Henri III ( et Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné) et Léonora Galigai ( La Magicienne estrangère de Pierre Mathieu et La Médée de la France). EN Authors borrowed from the texts of their predecessors certain characteristics rooted in the common imagination in order to develop their own image of the witch. The works published during these years were written in a particularly bloody context, and placed the sorceress in the foreground, blaming her for all the ills of society at the time. At the time, many authors were hostile to witches and demonstrated this in their writings. The aim of this dissertation is to understand the link between these two aspects of the representation of the witch in literature: the perpetuation of a fictional tradition and the writing of a contemporary reality within the pivotal period of these two centuries (1580-1630). To this end, we will focus on a full range of texts featuring these evil characters in the period under study. The first chapter of this dissertation analyzes three of the best-known demonological treatises: Jean Wier's De praestigiis daemonum, Jean Bodin's De la démonomanie des sorciers and Pierre de Lancre's Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons. These works enable us to understand the development of the penal portrait of the witch, as well as the introduction of literary topos that endure to this day. We then analyze the representation of the witch in a genre characteristic of this dark period, that of tragic stories, through the study of the collections of two authors publishing at the beginning of the 17th century: François de Rosset and Jean Pierre Camus, who, in their Histoires tragiques and Nouvelles, recount the horrific deeds blamed on witches and sorcerers. Their texts are generally inspired by real events and take up the descriptions of witches given by demonologists. The third and final chapter of this dissertation will offer a detailed study of the representation of the diabolical character in satirical and polemical literature between 1580 and 1630. First, we'll look at the misogynistic portrayal of spellcasters in the satires of Charles-Simon de Sigogne, before analyzing the political instrumentalization of the witch character in pamphlets aimed at discrediting the figures of Catherine de Médicis ( Discours merveilleux de la vie, actions et déportements de Catherine de Médicis Reine mère and Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné), Henri III ( and Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné) and Léonora Galigai ( La Magicienne estrangère of Pierre Mathieu and La Médée de la France).