Est-ce qu’une approche personnalisée pour les patients belges d’origine marocaine de la 1ère et 2ème génération de la maison médicale pourrait aider à augmenter le taux de réalisation du dépistage du cancer colorectal pour cette population ? Assurance qualité
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- Contexte : La Belgique est un pays avec une grande diversité ethnique qui ne cesse de s’accroître. En janvier 2020, près de 20% de la population belge était d’origine étrangère. Le cancer colorectal est le quatrième cancer le plus fréquent en Belgique et le deuxième cancer le plus meurtrier. Une campagne de dépistage est mise en place à Bruxelles chaque année par iFOBT pour les personnes âgées de 50 à 74 ans. Le taux de participation reste relativement faible. Il existe de gros écarts de participation entre la Flandre et la région de Bruxelles-Capitale et la Wallonie. Cela pourrait s’expliquer certainement par les différentes procédures de dépistage mises en place entre les régions mais également en partie par le type de population dépistée. Objectif : Après avoir été confronté à plusieurs reprises à des patients belges issus des minorités ethniques refusant le dépistage du cancer colorectal, nous sommes amenés à nous demander si une approche personnalisée pour les patients belges issus de minorités ethniques permettrait d’augmenter le taux de réalisation de dépistage pour cette population ? Méthodologie : La méthodologie utilisée s’est appuyée selon la démarche de l’assurance qualité. Les patients belgo-marocains de la maison médicale répondant aux conditions d’éligibilité, âgés de 50 à 74 ans, ont été invités par téléphone à se rendre chez leur médecin traitant ainsi que chez l’infirmière, spécialisée en santé communautaire, pour une consultation de prévention. L’intervention consistait en la remise d’un kit de dépistage du CCR « iFOBT » avec une explication du fonctionnement et de la procédure d’envoi du kit en langue française et en langue arabe. Des brochures d’information et de mode d’emploi du kit de dépistage bilingues ont également été distribuées aux participants. Résultats : Le taux de couverture du dépistage du CCR est passé de 20,2 à 47,9% après notre expérimentation. Aucun[e] relation significative n’a été déterminée entre la réalisation du colotest et les différents facteurs pouvant l’influencer (âge, sexe, statut d’assurabilité, degré générationnel, antécédent de test dans le passé). Conclusion : Cette étude nous a permis d’observer l’impact significatif qu’a eu notre intervention pour les patients belgo-marocains de la maison médicale. La remise du kit de dépistage en main propre, l’accompagnement par notre infirmière bilingue spécialisée en santé communautaire ainsi que l’éducation du patient ont largement contribué à majorer le taux de couverture du dépistage du CCR dans notre maison médicale. Il en ressort que la campagne faite actuellement à Bruxelles n’est probablement pas adaptée pour tout type de population. Une piste est que BRUPREV mette à disposition son matériel d’information en plusieurs langues étrangères. Il reste cependant une grande partie de notre population qui n’a pas encore été dépistée dans notre étude. D’autres études doivent être réalisées afin d’approfondir cette thématique.