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- Le momentum est une anomalie de marché qui a suscité et suscite encore actuellement des débats et études divers parmi les investisseurs et chercheurs. Plusieurs raisons motivent cet engouement et parmi celles-ci, deux ont retenu mon attention et m’ont poussé à réaliser ce mémoire. Premièrement, la stratégie de momentum constitue sans équivoque l’exploitation d’une anomalie de marché qui fonctionne le mieux. Non seulement cela génère des rendements en excès et bien supérieurs aux différents indices, mais en plus elle peut être facilement implémentée par un investisseur lambda. Deuxièmement, plusieurs travaux récents ont tenté de montrer que le momentum est moins présent et moins efficace depuis la fin des années 1990 (Hwang et Rubesam, 2013 ; Bhattacharya, Kumar et Sonaer, 2015 ; Novy-Marx, 2012). Il est vrai que dans ce contexte financier actuel considéré comme “chahuté”, on peut remettre en question le momentum et sa façon de l’exploiter. En effet, la bulle internet des années 2000 et la crise financière de 2008 ont généré parmi les momentum traders des rendements qui sous-performent excessivement leur indice (Moskowitz, 2013). La question que je pose donc dans ce mémoire est la suivante : l’analyse de la direction du marché permettrait-elle d’améliorer l’implémentation d’une stratégie de momentum ? En d’autres mots, est-il possible d’optimiser les rendements liés au momentum en regardant les états du marché, qu’ils soient haussiers ou baissiers ? Toute la question de recherche sera centrée autour du bon timing pour investir en suivant une stratégie de momentum. J’ai décidé de traiter ce timing sous l’aspect international. En effet, la majorité des études analysent le momentum en fonction d’un pays ou d’une seule région du monde. L’analyse du momentum dans un contexte international m’a permis de vérifier la concordance des résultats à travers le monde et d’en assurer ainsi une conclusion consistante. Pour analyser cette problématique du timing du momentum à l’international, j’ai procédé en deux étapes : une étude exploratoire (revue de littérature) suivie d’une étude quantitative (partie pratique). La revue de littérature décrit et étudie le momentum sous pratiquement tous ses aspects. Plusieurs points sont analysés en détails afin de comprendre le momentum dans son ensemble et de permettre d’aborder la partie pratique avec de solides bases théoriques. En effet, l’étude quantitative permet de tester les différentes hypothèses des modèles théoriques sur le momentum. Pour ce faire, j’ai utilisé la base de données de Kenneth French qui s’appelle “25 Portfolios Formed on Size and Momentum” et qui donne les momentum dans quatre régions du monde financier. Sur base de ces données, j’ai pu tester et vérifier plusieurs stratégies de momentum en fonction des différents états du marché et des régions pour finalement obtenir les stratégies optimales d’investissement. Au terme de cette étude sur le timing du momentum à l’international sur la période de 1991 à 2014 à travers 4 régions du monde, j'ai pu répondre à la question initiale posée dans l’introduction qui est : “L’analyse de la direction du marché permettrait-elle d’améliorer l’implémentation d’une stratégie de momentum ?”. La réponse est oui, le momentum est intimement lié à l’état du marché et il est possible de profiter de cette connaissance pour optimiser la stratégie de momentum. Si on se place dans la peau d’un investisseur, il est plus rentable de suivre une stratégie de momentum lorsque les marchés sont à la hausse et de suivre l’indice lorsque les marchés sont à la baisse. En effet, les résultats de l’étude ont montré que les rendements liés à une stratégie de momentum sont plus grands lorsque l’état de marché actuel est haussier. Cette proposition de stratégie est tout à fait réalisable et permet à l’investisseur de générer des rendements supérieurs au momentum stand alone et supérieurs à l’indice. En revanche, cette stratégie ne permet pas d’empêcher la faiblesse inhérente au momentum : lorsque l’état de marché dans le futur devient baissier, les rendements liés au momentum vont sous-performer l’indice et générer des pertes plus importantes. On peut aller plus loin et suggérer la proposition suivante : le momentum ne serait en réalité pas une anomalie de marché mais ses rendements traduiraient plutôt une prise de risque supplémentaire ; le momentum serait donc un phénomène tout à fait rationnel. En d’autres mots, on peut comprendre le momentum comme une stratégie rationnelle qui compense le risque de perdre beaucoup lorsque les marchés sont à la baisse par un rendement supérieur lorsque les marchés sont haussiers Ce postulat permet aussi d’expliquer les performances élevées et non équivoques du momentum dans les périodes précédant l’année 2000. En effet, lors de celles-ci, les marchés étaient plutôt haussiers que baissiers. A l’inverse, les crises de 2000 (bulle internet) et 2008 (crise financière) ont chamboulé les marchés et ces derniers ont subi de nombreuses périodes baissières. En conséquence, les portefeuilles suivant une stratégie de momentum ont généré à de nombreuses reprises des rendements qui sous-performaient l’indice. C’est pourquoi des débats se sont créés sur l’efficience des stratégies de momentum mais en réalité, ce n’est pas de l’inefficacité du momentum qu’il fallait débattre, mais du timing du momentum. En prenant en compte ce timing, non seulement l’investisseur sera capable de générer des rendements élevés mais il sera aussi capable de limiter les pertes. Le timing du momentum peut se voir dans le passé en regardant l’état du marché, mais aussi dans le futur en essayant de prédire les états de marché. L’étude a démontré que si l’investisseur prédit un marché baissier, il sera optimal de ne pas suivre une stratégie de momentum afin d’éviter des pertes supplémentaires lorsque le marché baissera. A l’inverse, si l’investisseur prédit un marché en hausse, il sera optimal d’investir dans le momentum pour continuer à générer des rendements en excès. Le fait de pouvoir prédire ce futur permet de minimiser le désavantage du momentum qui perd beaucoup lors d’un marché baissier mais de maximiser l’avantage du momentum qui gagne beaucoup lors d’un marché haussier. Pour résumer, le momentum redevient une stratégie profitable si on tient compte des états du marché passés. De plus la stratégie devient optimale lorsque les prédictions du futur sont correctes et que le momentum est suivi uniquement en cas de marché à la hausse.