Analyse des caractéristiques démographique et clinique du paludisme (Malaria) importé chez les patients hospitalisés aux Cliniques universitaires Saint-Luc (CUSL) entre 2010-2019.
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- Introduction : La malaria est une infection parasitaire causée par le Plasmodium et transmise par le vecteur Anophèle femelle. En l’absence de traitement, elle peut évoluer vers une forme sévère et mener au décès, principalement chez les enfants en dessous de 5 ans, les femmes enceintes, les déficients immunitaires et les voyageurs non immunisés. En 2019, l’OMS a estimé à 229 millions de cas de malaria dans le monde avec une mortalité de 10%. La région africaine compte pour 94% des cas et des morts. Dans la région européenne, il est plus question d’une malaria importée. La Belgique a compté 1039 cas de malaria importée entre 2014 et 2017 avec une proportion significative de cas sévère par an de 7,9% en 2017. Cette forme importée est attribuable aux populations immigrantes et a significativement augmenté durant la dernière décennie. Les manifestations cliniques sont très diverses et aspécifiques. Entre autres il y a la fièvre, frissons, un malaise général, une céphalée etc. Des complications peuvent également émerger. La prise en charge de ces patients est souvent retardée due aux symptômes aspécifiques égarant le diagnostic. Objectif : Afin d’identifier les populations à risque pour un diagnostic précoce et un traitement rapide, ce travail a pour objectif de décrire les caractéristiques démographiques, cliniques et biologiques des cas de malaria importée diagnostiqués chez les patients des Cliniques universitaires Saint-Luc. Méthodes : Les patients diagnostiqués de malaria par une goutte épaisse ou frottis sanguin ou les deux dans le service de biologie hématologique des CUSL entre 2010 et 2019 ont été analysé rétrospectivement selon leurs caractéristiques démographiques, cliniques et biologiques. Résultats : 223 patients ont été inclus dans l’étude. La majorité des patients étaient des hommes (63,21%) âgés de 18 à 65 ans (77,13%). 40,81% étaient des visiteurs pour voir la famille et les amis, voyageant en Afrique centrale (54,24%) pour une durée médiane de 4 semaines [2-8]. La prise de prophylaxie en générale est réduite (20,18%) et le plus souvent incomplète (17,04%). Les symptômes les plus présents sont les symptômes grippaux (fièvre (91,93%), fatigue (69,06%), céphalée (67,71%), frissons (61,88%), myalgie diffuse (45,29%), suivi des symptômes digestifs (nausées (45,29%), vomissements (36,32%), douleurs abdominales (24,22%)). L’espèce en cause étant le Plasmodium falciparum dans la majorité des cas (88,34%) avec une parasitémie médiane de 1% [3,1-0,5]. Le traitement contre la malaria le plus administré est la quinine en intraveineux. La biologie clinique montre en général une thrombocytopénie, un taux de LDH, plaquettes et bilirubine anormaux signalant une hémolyse. Il y a eu 93/223 (41,7%) de cas sévères, dont 15,05% ont pris la prophylaxie de façon incomplète, et 0,9% de mortalité, ces cas-ci n’ayant pas pris de prophylaxie. Conclusion : Les personnes âgées de 18 à 65 ans qui se rendent en Afrique centrale pour rendre visite à des amis ou à des parents restent les plus touchées par la malaria avec 38,46% de cas sévère dans les CUSL. Ils présentent pour la majorité de la fièvre et des symptômes grippaux. La prise de prophylaxie n’est pas courante dans cette population.