Les mathématiques chez les individus sourds : une étude comportementale et sous électroencéphalogramme.
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- Les nombres font partie intégrante de la vie, leur utilisation est quotidienne. Pour certaines personnes les mathématiques représentent une difficulté. Cette difficulté est régulièrement rencontrée chez les personnes atteintes de surdité. De ce fait, nous allons aborder cette population et la comparer à deux autres groupes de participants, pour un total de soixante participants. En effet, dans ce mémoire, deux tâches comportementales et une tâche visuelle sous électroencéphalogramme (EEG) ont été présentées aux participants. La première tâche comportementale a permis d’observer l’utilisation des doigts et la précision des réponses données et de les comparer à travers trois groupes de participants (i.e. un groupe de personnes sourdes pratiquant la langue des signes (SS), un groupe de personnes entendantes la pratiquant également (ES) et un groupe de personnes entendantes ne la pratiquant pas (EC)). La précision et les temps de réponse à différentes opérations arithmétiques ont pu être vérifiés durant la deuxième tâche comportementale. Lors des opérations arithmétiques, le groupe SS a démontré de moins bonnes performances que les autres groupes. Néanmoins, contrairement à ce qui était attendu, aucune différence significative entre l’utilisation des doigts pour les trois groupes n’a pu être découverte. De plus, aucune corrélation n’a été mise en évidence entre les performances aux opérations arithmétiques et l’utilisation des doigts lors des tâches comportementales. De plus, un paradigme EEG de stimulation périodique visuelle rapide a été utilisé afin d’étudier les activations cérébrales de trois groupes de participants face à des stimuli non-canoniques et canoniques (i.e. « finger montring » et « finger counting »). La condition « finger montring » a un double statut en fonction des groupes. En effet, pour les groupes SS et ES, cette condition a un statut symbolique alors que pour le groupe EC, cette condition engendre un statut iconique. Le statut symbolique du « finger montring » a pu prouver sa force grâce aux analyses statistiques qui ont démontré des activations cérébrales plus importantes au niveau des aires pariétales et pariéto-occipitales lors de cette condition pour les participants pratiquant la langue des signes. La condition « finger counting » ne montre pas de différence entre les activations de ces régions pour les trois groupes, comme attendu au vu du statut iconique de cette condition pour tous les groupes. La condition «finger montring» active de manière plus importante les aires pariéto- occipitales droite et gauche. Pour la condition « finger counting », l’aire pariéto-occipitale droite est la plus activée.