Les nanoparticules alimentaires affectent-elles les globules blancs circulants et par quels mécanismes ? Etude expérimentale chez la souris
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- Les nanoparticules (NP) sont présentes dans notre alimentation quotidienne. Très peu d’informations sont actuellement disponibles concernant l'effet des NP alimentaires sur la santé, et en particulier sur le système immunitaire. Nous avons précédemment observé une diminution des globules blancs circulants, principalement des lymphocytes, chez des souris C57BL/6 exposées pendant 24 semaines via leur alimentation à des NP de silice (nSiO2) et de dioxyde de titane (nTiO2) de qualité alimentaire, à des doses pertinentes pour la consommation humaine. Dans une expérience au design similaire, nous avons confirmé la diminution des lymphocytes sanguins à partir de la 15ème semaine d’exposition aux nTiO2 (10 mg/kg p.c./j) et nSiO2 (20 mg/kg p.c./j). Nous avons alors analysé par cytométrie de flux (FACS) les différentes populations de lymphocytes sanguins afin de déterminer si un type spécifique était affecté, ainsi que les cellules de la rate et de la moelle osseuse afin d’investiguer la cause possible de cette diminution. Pour les souris exposées aux nSiO2, l’analyse par FACS du sang après 22 semaines d’exposition n’a montré aucune différence significative dans la proportion des sous-populations lymphocytaires. Pour les souris exposées aux nTiO2, une diminution significative de la proportion des lymphocytes B circulants a été observée par FACS, ainsi qu’une réduction des immunoglobulines A plasmatiques par ELISA. Nous avons également observé, chez les souris exposées aux nTiO2, une diminution de la proportion des lymphocytes CD4 naïfs ainsi qu’une augmentation des lymphocytes CD4 et CD8 à mémoire périphériques dans le sang. Pour les deux types de NP, l’analyse FACS des populations lymphocytaires de la rate et des cellules lymphoïdes et myéloïdes de la moelle osseuse n’a montré aucune différence. Dans l'ensemble, ces résultats indiquent que l’exposition prolongée aux nSiO2 et nTiO2 alimentaires modifient les lymphocytes circulants de façon respectivement non-spécifique et spécifique, et qu’une altération de la production médullaire des globules blancs ou leur destruction/séquestration dans les organes lymphoïdes secondaires (rate) ne semble pas à l’origine de la diminution observée des globules blancs dans le sang.