Evaluation de la tolérance à l’effort de patients suivis pour diabète de type 1 dans une convention de soins pédiatriques.
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- Contexte et Objectifs : L’insulinothérapie constitue le traitement de base du diabète de type 1 (DT1), mais il est important d’inclure une alimentation saine et la pratique d’une activité physique régulière dans la prise en charge globale du jeune patient diabétique de type 1 (patient DT1) afin de le protéger au mieux de la survenue de complications, notamment cardio-vasculaires. Cependant, la réalisation d’un effort physique a un impact sur la glycémie du patient, ce qui impose une adaptation du traitement afin de prévenir les déséquilibres glycémiques. Les objectifs de notre étude étaient, d’une part, de caractériser l’influence que le DT1 pourrait avoir sur les facteurs de risques cardio-vasculaires, et ce, dès le début de la maladie. D’autre part, nous souhaitions établir des recommandations en termes d’adaptation de l’insulinothérapie et l’ingestion de glucose chez les jeunes patients diabétiques lors d’un effort physique. Méthodes : Etude clinique interventionnelle, monocentrique, non randomisée. Treize adolescents DT1, suivis en endocrinologie pédiatrique aux Cliniques universitaires Saint-Luc (CUSL) et ayant un diagnostic de DT1 datant de plus de 5 ans ont effectués un test d’effort standardisé et monitoré aux CUSL (TE#1). Après analyse des glycémies des 15 heures suivant le test, des recommandations quant à l’ingestion de glucides et à l’adaptation des doses d’insuline ont été données. Celles-ci ont été appliquées lors d’un deuxième effort physique (TE#2) effectué selon les habitudes sportives de l’enfant. De plus, les paramètres cardio-vasculaires, les données échographiques et électrocardiographiques des patients DT1 ont été comparés à ceux d’adolescents sains (AS). Les AS, ont été identifiés rétrospectivement à partir de la base de données des enfants référés auprès du service de cardiologie pédiatrique aux CUSL pour y réaliser une épreuve d’effort standard, une échocardiographie et un électrocardiogramme (ECG) et chez qui aucune cardiopathie n’a été mise en évidence. Résultats : Dans notre cohorte, nous avons observé qu’au cours de l’effort, l’élévation de la tension artérielle systolique (TAs) des patients DT1 était plus importante que celle des AS. (TAs max – TAs repos = 57.4mmHg vs 45.5 mmHg ; P = 0.02). Chez les patients DT1, la pratique d’une activité physique régulière, évaluée par le questionnaire PAQ, entrainait une diminution du taux basal d’HbA1c (Coefficient de corrélation entre score PAQ et taux d’HbA1c : - 0.70 ; P = 0.04) et de ce fait, ils avaient une adaptation tensionnelle à l’effort plus adéquate. En effet, au sein du groupe des patients DT1, la variabilité de la tension artérielle diastolique à l’effort maximal (TAd max ) était corrélée au contrôle glycémique. (Coefficient de corrélation : 0.62 ; P = 0.03). Par ailleurs, nos recommandations n’ont pas entrainé de différence significative dans les analyses des glycémies. Conclusion : Cette étude a montré que les patients DT1 qui pratiquaient une activité physique régulière avaient un meilleur contrôle de leur diabète et, par ce biais, une réponse tensionnelle à l’effort plus adaptée. D’autres études ont démontré qu’une réponse tensionnelle excessive à l’effort chez des adultes, par ailleurs normo-tendus, augmentait le risque de développer de l’hypertension artérielle (HTA). Un suivi au long cours d’adolescents DT1 pourrait confirmer l’existence d’une altération de la réponse tensionnelle à l’effort en relation avec le contrôle glycémique et étudier si celle-ci est un signe précurseur de l’apparition de l’HTA à l’âge adulte.