Etat des lieux de la santé mentale et de la qualité de vie des personnes surendettées wallonnes et bruxelloises fréquentant un service de médiation de dettes. Analyse comparative avec la population wallonne et bruxelloise non surendettée.
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- Contexte : Ce mémoire est né d’une rencontre avec les chercheurs de l’Observatoire du Crédit et de l’Endettement et de leur demande de récolter des données chiffrées sur l’état de la santé mentale des personnes surendettées bruxelloises et wallonnes afin de pouvoir les comparer avec la population générale belge via les données récoltées par l’enquête de santé de 2013 de l’Institut de Santé Publique. Objectifs : La lecture d’articles scientifiques et d’études menées à ces sujets nous ont permis de mieux cibler la problématique de la santé mentale chez les personnes surendettées et de fixer les objectifs de notre recherche. En collaboration avec l’OCE, Nous avons choisi d'analyser le bien-être émotionnel (à l'aide du GHQ 12) des personnes surendettées et d’identifier la proportion de ménages bruxellois et wallons surendettés qui développent des épisodes de dépression, de stress, d'anxiété et d'idées suicidaires par rapport aux ménages bruxellois et wallons non surendettés afin de constater si une différence significative entre ces deux populations existe. Le nombre de tentatives de suicide et les difficultés rencontrées pour l'accomplissement d'activités quotidiennes ont également fait l'objet d'une comparaison entre ces deux groupes. Méthode : Pour mener à bien ce travail, une démarche quantitative a été entamée et un questionnaire reprenant des questions de l’enquête de santé de 2013 a été conçu. L’OCE s’est chargé de la récolte des données au sein de la région wallonne tandis que nous nous occupions de cette tâche dans la région bruxelloise. Résultats : Les 351 questionnaires récoltés auprès des SMD bruxellois et wallons ont fait l’objet d’une analyse quantitative qui a révélé un état de santé mentale très précaire des personnes surendettées. En effet, les personnes fréquentant les SMD présentent une plus grande vulnérabilité face aux troubles mentaux avec une plus grande probabilité de présenter des difficultés psychologiques et de développer des pathologies mentales. En outre, les pensées suicidaires sont présentes pour un tiers des ménages surendettés et les tentatives de suicides ont concerné une personne sur 10. La qualité de vie des ménages surendettés semble moins touchée que la santé mentale. Ceux-ci ressentent plus de douleurs et/ou de gênes que la population bruxelloise et wallonne mais l'anxiété et/ou la dépression ainsi que d'éventuels problèmes pour accomplir des activités courantes ne sont pas significativement supérieures par rapport à la population belge générale. Conclusions : Ces constats ont permis de confirmer une partie de notre hypothèse de départ qui stipulait que les ménages belges surendettés présenteraient un état émotionnel et une qualité de vie plus précaires avec des épisodes de stress et d'idées suicidaires plus fréquents que les ménages belges non surendettés. Toutefois, les personnes surendettées ne semblent pas présenter davantage d’épisodes d’anxiété ni de dépression que la population générale. Ces résultats soulèvent des questions d’interprétations qui, à ce stade-ci de la recherche, restent sans réponse. A l’aide de ces résultats, nous avons soumis quelques recommandations aux acteurs présents dans les SMD qui sont directement en contact avec la population étudiée afin qu’ils puissent également jouer un rôle dans la prise en charge des troubles mentaux rencontrés par les personnes surendettées. Une perspective différente ou une suite à ce mémoire serait de mener une recherche qualitative afin d’obtenir davantage d’explications sur certains points pour le moins paradoxaux : alors que le score au GHQ 12 traduit un état psychologique très précaire, les personnes surendettées ne sont pas de façon significative plus dépressives ou anxieuses.