Expositions universelles et spectacles d’exhibition en Belgique (1885 à 1958) : approche transversale et plurimédiale
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- De 1885 à 1958, des spectacles d’exhibition coloniale s’organisent en Belgique, les expositions universelles qui les accueillaient, permettaient aux grandes puissances coloniales européennes de se pavaner en étalant ostentatoirement les résultats de leurs conquêtes impériales respectives. Le monde du spectacle vivant apparaissait donc comme un prétexte redoutable pour mener à bien la propagande de l’entreprise coloniale. La Belgique n’a pas échappé à la règle, dès 1885, elle organisait sur son sol une exposition universelle à Anvers où l’on pouvait voir un contingent de noirs venus majoritairement du Congo, alors nouvellement acquis par le roi des belges Léopold II. Exhibés, ces africains ont été figurants, objets d’exposition et de curiosité, tour à tour qualifiés de sauvages et d’indigènes, et participèrent à la grande popularité de ces spectacles dérangeants qui allaient durer jusqu’à l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles en 1958. La problématique linguistique que la Belgique connaissait dès les premières décennies de son indépendance survenue en 1830, devait se confronter quelques années plus tard à un nouveau dualisme orienté cette fois-ci, non sur la langue, mais sur la notion de « race », qui allait subir à la fin du XIXe siècle un revirement paradigmatique majeur dont l’héritage persiste aujourd’hui encore, par atavisme. Les villages indigènes des expositions universelles belges organisées durant l’ère coloniale ont été, par la subtilité de leurs discours visuel et somatique, mais également par l’usage des canons esthétiques spécifiques à la mise en scène naturaliste, saupoudrés d’idéologies racistes et impérialistes, l’un des premiers espaces de rencontre entre autochtones belges et congolais, entre blancs et noirs.