La déshumanisation dans un contexte organisationnel : un examen de ses antécédents, conséquences et modérateurs
Files
Lagios_27951400_2019.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 1.43 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Dans une société où l’accent est mis sur le capitalisme et la maximisation des profits, les entreprises réduisent parfois les travailleurs à des machines ou à des objets passifs dont la seule fonction est de servir les fins de l’organisation. Ainsi, depuis plusieurs années, la littérature scientifique a commencé à s’intéresser à la déshumanisation organisationnelle, définie comme l’expérience négative que vit un travailleur qui se sent objectifié par son organisation. L’objectif de cette étude est d’étendre le réseau nomologique de la déshumanisation organisationnelle en examinant ses antécédents et ses conséquences. Plus précisément, cette recherche vise à investiguer si le red tape (i.e., les règles organisationnelles considérées comme inutiles, inefficaces et pénibles) induit chez les travailleurs un sentiment de déshumanisation. Nous supposons également que le red tape produit, à travers la déshumanisation organisationnelle, différentes conséquences négatives, tant pour les employés que pour l’entreprise (i.e., augmentation des tensions psychosomatiques, réduction de la performance in-role et plus grande intention de quitter l’organisation). Enfin, nous postulons que l’impact de la déshumanisation organisationnelle sur les conséquences négatives susmentionnées est modéré par la mesure dans laquelle les travailleurs estiment que la déshumanisation est intentionnellement commise par leur organisation, ainsi que par leur satisfaction par rapport à leur salaire et leurs avantages extra-légaux. Sur base d’un échantillon de 374 travailleurs, nous avons effectué des modélisations d’équations structurelles qui ont confirmé la plupart de nos hypothèses. Le red tape induit ainsi un sentiment de déshumanisation chez les individus qui, en retour, ressentent plus de tensions psychosomatiques et ont davantage envie de quitter leur organisation. Par ailleurs, nous avons uniquement trouvé un effet modérateur de la satisfaction par rapport au salaire et aux avantages extra-légaux sur la relation entre la déshumanisation organisationnelle et les tensions psychosomatiques. Les implications pratiques ainsi que les pistes pour les recherches futures sont également discutées.