Alexithymie et biais d'interprétation : comparaison de deux groupes de patients souffrant d'hypertension artérielle en fonction de leur niveau d'alexithymie, évalué par échelle auto-rapportée et entretien
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- Ce mémoire s’est développé suite à notre intérêt pour les maladies psychosomatiques et d’après le constat de l’existence de relations entre celles-ci et certaines difficultés émotionnelles. Nous avons alors choisi d’examiner ces dernières à travers le construct d’alexithymie. Ainsi, notre objectif principal était de chercher, à l’aide d’une méthode quantitative et qualitative, la nature du lien qui pouvait exister entre le déficit du traitement cognitif et émotionnel opérationnalisé dans le concept d’alexithymie et les troubles psychosomatiques et en particulier, l’hypertension. En effet, nous supposions que les individus alexithymiques souffraient d’un biais de nature interprétative les poussant à interpréter les sensations corporelles liées à une expérience émotionnelle comme signes de maladie. Notre étude s’est effectuée auprès de 20 patients, diagnostiqués hypertendus, auxquels nous avons fait passer l’échelle autorapportée d’alexithymie (la TAS-20). Par la suite, nous avons mené des entretiens avec 6 d’entre eux en fonction de leurs résultats à la TAS-20 (3 alexithymiques, 3 non-alexithymiques) afin d’analyser leur discours. A l’aide de différents outils, nous avons examiné leur propension à utiliser des termes relatifs aux champs sémantiques du corps, du biologique, des perceptions, ainsi que leurs capacités à utiliser un vocabulaire affectif plus ou moins spécifique. Les résultats obtenus nous ont permis d’observer que les individus alexithymiques avaient une tendance à exprimer leurs émotions en termes de sensations corporelles ainsi que des difficultés à exprimer des états émotionnels de façon spécifique et différenciée. De plus, nous avons pu apprécier certaines différences en ce qui concerne le facteur 3 de l’échelle d’alexithymie (de la TAS20) se rapportant à la pensée opératoire, qui ne se présente pas de la même façon chez les individus, en fonction de leur score total à la TAS-20. Enfin notre étude, à travers certaines divergences entre les résultats obtenus avec une méthode par questionnaire et une méthode par entretien, nous a permis de mettre en exergue l’importance d’une approche intégrative auprès d’une population clinique. En effet, certains de nos sujets ne répondant pas aux critères d’alexithymie selon la TAS-20, ont néanmoins présenté des traits caractéristiques de celle-ci telle qu’une difficulté à identifier et verbaliser leurs émotions.