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- Sur base d’études réalisée à l’étranger, on peut estimer en Belgique à quelque 50000 le nombre de travailleurs qui seraient exposés de manière très importante aux vibrations des machines vibrantes. Cette exposition aux vibrations manubrachiales est connue comme pouvant entraîner : - des problèmes ostéo-articulaires au niveau principalement des poignets et des coudes ; - des problèmes vasculaires : le phénomène du doigt blanc d’origine vibratoire au niveau des mains : - des problèmes neurologiques. La présente étude concerne la détection précoce de ces troubles neurologiques. Ils consistent en une neuropathie sensitive diffuse qui, à la différence de la polyneuropathie périphérique, ne concerne que les membres supérieurs, voire les mains. Cette neuropathie périphérique se traduit par une élévation des seuils de perception des vibrations, de la pression et de la chaleur. Elle reflète une perturbation fonctionnelle des nerfs périphériques et des terminaisons nerveuses sensitives sans atteinte du système nerveux central. Elle se traduit pas des picotements et engourdissements des mains au début insignifiants mais susceptible d’influencer par la suite la dextérité manuelle et dès lors les performances manuelles. Cette interférence pourrait tout autant apparaître suite à des modifications transitoires des seuils de sensibilité résultant d’une exposition à court terme aux vibrations. L’ampleur de ces élévations transitoires ainsi que leur récupération dans le temps reste à quantifier en fonction de l’intensité, de la fréquence et de la durée des vibrations. Le but de la présente recherche prospective est d’étudier la relation de cause à effet entre les caractéristiques d’exposition tant biomécaniques que vibratoires, les caractéristiques anthropométriques et sociales et l’apparition et le développement de cette atteinte neurologique. Les problèmes qui se posent sont : - la quantification de l’exposition aux vibrations et en particulier la validité de la pondération en fréquence préconisée par le norme ISO 5349 (1986) ; 2. la quantification de l’astreinte. Une échelle de gradation des symptômes neurologiques a été proposée (échelle de Stockholm) (Brammer et al., 1987), basée sur les plaintes des sujets. De même une échelle est utilisée en rapport avec certains tests pour décrire la sévérité de l’altération du toucher (toucher normal, diminution de la perception du toucher léger, sensation protectrice diminuée et perte de sensation protectrice). Reste à corréler ces échelles subjectives avec des tests objectifs permettant de mieux authentifier et quantifier l’atteinte. La présente étude est complémentaire à celle menée entre 1990 et 1994 (Malchaire, 1995) dans le cadre du programme « Risques pour la santé » des Services fédéraux des Affaires scientifiques, techniques et culturelles. cette étude précédente s’intéressait à la pathologie musculosquelettique et neurologique liée au travail de force et répétitif, à l’exclusion des vibrations. La présente recherche couvre cet aspect. Les pathologies neurologiques rencontrées dans les deux cas présentent des points communs, mais semblent d’origines différentes. Le syndrome du canal carpien est une des pathologies principales liées au travail répétitif. Il s’agit cependant d’un neuropathoe de compression due à la compression du nerf médian dans le canal carpien lors d’efforts réalisés de manière répétitive avec des mouvements de flexion et d’extension du poignet. Au contraire, la neuropathie due aux vibrations résulte d’une perturbation fonctionnelle des nerfs et terminaisons nerveuses sensitives périphériques, perturbation qui n’est pas limitée aux zones innervées par le nerf médian, mais s’étend à toute la main. Quoiqu’il en soit, cette neuropathie se traduit par des picotements et des engourdissements de la main qui peuvent avoir des répercussions du même ordre sur les conditions de travail. Les principaux objectifs de la présente étude sont de : 1. Réaliser une synthèse de l’abondante littérature qui existe à la fois au sujet des problèmes musculosquelettiques du membre supérieur et des problèmes liés à l’utilisation des machines vibrantes. 2. Décrire les prévalences de problèmes vasculaires et neurologiques dans des populations ouvrières belges où le problème est largement ignoré. 3. Etudier la relation entre prévalences de problèmes neurologiques et facteurs individuels, facteurs biomécaniques et caractéristiques d’exposition aux vibrations (intensités, fréquences, durées). 4. Emettre un jugement quant à la validité de la pondération fréquentielle proposée par la norme ISO 5349. 5. Mettre e évidence si possible une valeur limite de la dose de vibration. 6. Etablir la relation entre la définition subjective de l’atteinte (échelle de Stockholm) et les résultats de tests quantitatifs portant sur l’atteinte isolée des mécanorécepteurs, sur la qualité de la sensibilité tactile ou sur la capacité fonctionnelle de la main. è. Décrire l’évolution de l’atteinte neurologiques en fonction de la nature de l’exposition aux vibrations