Influence des injonctions publicitaires sur des adolescentes souffrant d’anorexie mentale
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- Depuis 2001, la France a mis en place une politique publique nutritionnelle de santé, à savoir le Programme National de Nutrition et Santé (PNNS), suivie de la Belgique en 2005 avec le PNNS-B. Ces programmes ont été créés dans l'objectif de réduire le taux de surpoids et d'obésité, de favoriser l'activité physique et d'améliorer les habitudes alimentaires. Afin de mener à bien leurs objectifs, ces programmes mettent l'accent sur l'information et la communication. C'est pourquoi nous voyons régulièrement depuis 2007 des injonctions publicitaires sur nos écrans de télévision, dans les journaux ou encore dans les espaces publics. En parallèle, le taux d'anorexie mentale a également augmenté. Majoritairement féminin, ce trouble touche entre 0,5% et 1% de la population occidentale des filles (Weis, 2014), à l'adolescence (Corcos, 2005; Michel, 1997). Des signes cliniques tels que l'anxiété, la dépression (Weis, 2014), une faible estime de soi (Shea & Pritchard, 2007), un trouble de l'image du corps (Shafran et al., 2004) ou encore une hyperactivité physique lui sont associées (Beumont et al., 1994). De plus, les médias jouent un rôle dans la diffusion d'une norme de beauté, laquelle a favorisé l'insatisfaction du corps des hommes et des femmes (Derenne & Beresin, 2006). Ainsi déjà fragilisées par leur trouble, nous avons donc cherché à savoir comment les adolescentes souffrant d'anorexie mentale interprétaient ces injonctions émanant des autorités publiques. Pou cela, nous avons interrogés cinq adolescents, dont deux avec anorexie mentale et trois sans pathologie. L’étude inclut également un garçon. Cette recherche qualitative s’est ainsi dirigée vers une triangulation des données, utilisée plus spécifiquement pour comprendre une communauté spécifique (Willig, 2013) telle celle des adolescentes anorexiques. Autrement dit, la compréhension des adolescents sans pathologie nous a permis de mieux comprendre les adolescentes avec anorexie mentale. L’analyse des données via les six étapes de Braun et Clarke (2006) nous ont permis de dégager quatre thèmes principaux qui ont ensuite été présentés via la production d’un premier rapport. Les résultats de cette étude ont ainsi démontré que les injonctions n’avaient pas d’influence directe sur les adolescentes souffrant d’anorexie mentale. En revanche, les résultats démontrent que ces adolescentes sont plus sensibles à des messages concernant l’activité sportive ou le grignotage. Si les injonctions sont bien connues de tous les participants, aucun ne s’est senti visé par ces injonctions. Enfin, l’environnement familial dans lequel l’adolescent a grandi semble avoir une influence sur l’interprétation de ces injonctions et sur une alimentation saine en générale. En tant que premier agent de socialisation, la communication au sein de la famille est primordiale (Intartaglia, 2014). L’éducation familiale en matière de nutrition offre donc de nouvelles pistes pour des recherches futures afin de prévenir contre le surpoids, l’obésité et les troubles alimentaires.