Vers une compréhension qualitative de la variation des difficultés académiques en bachelier selon la filière d’étude
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- La première année à l’université est souvent décrite comme étant une période de transition durant laquelle les étudiants sont confrontés à de nombreux challenges (De Clercq, Roland, Brunelle, Galand & Frenay, 2018). Trautwein & Bosse (2017) constatent que les difficultés liées à cette transition se départagent en quatre catégories : les difficultés personnelles, les difficultés organisationnelles, les difficultés sociales et les difficultés liés au contenu. Millet (2012) avance que le vécu des étudiants dans l’enseignement supérieur diffère selon la filière choisie. Ils ne sont pas tous confrontés aux mêmes problèmes, aux mêmes difficultés. Nous avons donc décidé d’investiguer les variations de difficultés selon la filière d’étude, sujet encore très peu développé dans la littérature scientifique. Notre question de recherche principale était la suivante : "comment les difficultés académiques vécues en bachelier varient-elles en fonction du programme d’étude suivi à l’université ?". Une sous-question a également été posée : "pourquoi certains étudiants parviennent-ils à persévérer malgré la présence de ces difficultés académiques ?" Afin de répondre à cette question, nous avons voulu comparer les perceptions des difficultés entre les étudiants issus du domaine des sciences humaines (droit, psychologie, sciences économiques et ingénieur de gestion) et ceux issus du domaine des sciences de la santé (kinésithérapie et sciences biomédicales). Pour ce faire, nous avons mené 4 focus groups au cours desquels des groupes composés de quatre étudiants devaient interagir entre eux sur leur vécu académique de bachelier. Par après, nous avons effectué une analyse thématique des données. Les résultats de cette étude montrent qu’il y a bel et bien l’existence de divergences des difficultés entre les deux programmes. En effet, selon la taxonomie de Trautwein & Bosse (2017), les étudiants en sciences de la santé ont tendance à éprouver plus de difficultés organisationnelles tandis que celles des étudiants en sciences humaines sont plus de l’ordre social et liées au contenu. Notons également que les étudiants en sciences de la santé sont plus souvent sujets aux difficultés émotionnelles. Nous avons aussi relevé l’existence de convergences de difficultés communes aux deux programmes qui, quant à elles, sont plus l’apanage des difficultés organisationnelles et personnelles. Nous avons également trouvé que certaines difficultés s’estompaient avec le temps, notamment grâce à l’ajustement avec la transition universitaire marqué par l’acquisition d’expérience au fil des années, les changements perpétrés dans l’auditoire et le développement de soi. Nous pouvons donc affirmer que les difficultés académiques varient selon le contexte d’étude (sciences humaines ou sciences de la santé). Cette recherche permet d’adopter une approche plus ciblée et orientée vers les difficultés propres à chaque filière, ce qui permet notamment une meilleure compréhension de l’étudiant en difficulté selon son domaine d’étude.
Citations
Neuville, V. (2020). Vers une compréhension qualitative de la variation des difficultés académiques en bachelier selon la filière d’étude. https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/18493