Les lieux de liens : quels rôles dans le processus d’intégration sociale des personnes souffrant de maladies mentales sévères ?
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- Contenu : Les personnes souffrant de maladies mentales sévères présentent en général plus de difficultés à se sentir incluses dans la société que le reste de la population. Celles-ci vivent en effet moins d’interactions sociales, ont un réseau social plus réduit, ont moins facilement accès à des identités et rôles sociaux valorisants, expérimentent plus rarement le sentiment d’appartenance à des groupes et/ou peuvent ressentir moins de contrôle sur leur existence. Ceci peut être causé par une multitude de facteurs interdépendants tels que la pauvreté, les phénomènes de stigmatisation et de discrimination, des événements de vie bouleversants, les symptômes de la maladie, etc. Il apparait donc important de s’intéresser aux éléments qui peuvent soutenir le processus d’intégration sociale de cette population, notamment en Belgique. Le modèle des « lieux de liens », rappelant des structures étrangères tels que les « services gérés par les usagers » aux USA, semble constituer, pour cette problématique, une des réponses pertinentes. Basé sur un accueil de type « bas seuil », sur la participation, la liberté de choix, la pair-aidance et le rétablissement, ce modèle pourrait constituer une alternative et/ou une complémentarité aux structures traditionnelles d’aide, de soins et de soutien aux personnes souffrant de maladies mentales sévères. Méthodes : La partie expérimentale de ce travail consiste en l’étude qualitative de dix entretiens et d’un focus group proposés à une partie des membres d’un lieu de lien de la région bruxelloise. Cette récolte de données s’est basée sur un guide d’entretien élaboré à partir du cadre théorique du présent travail. Une analyse de type descriptive et thématique a ensuite été effectuée sur le matériau obtenu. Résultats : L’analyse des données nous montre que le lieu de lien étudié est effectivement propice à la naissance de relations interpersonnelles satisfaisantes et d’un sentiment d’appartenance partagé, à la prise de rôles, aux développement d’identités sociales et à la (ré)apparition d’un sentiment de contrôle et de sens de la vie de l’individu aux prises avec des difficultés psychiques sévères.