Evaluation chiffrée ou non chiffrée : influence sur la stratégie de comparaison sociale utilisée par les élèves pour maintenir une estime de soi élevée.
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- Comme le dit Perrenoud (1992), quand on parle d'évaluation, on pense directement aux notes. Celles-ci constituent, depuis de nombreuses années, le moyen le plus répandu pour évaluer les élèves (Darnon, Smedig, Toczek-Capelle & Souchal). Alors que de nombreux défenseurs des notes exposent leurs arguments afin d’en montrer leur utilité et leur importance, elles constituent, selon Butera (2011), une menace. Merle (2012a) rejoint ces propos et dénonce plusieurs types de violences qu'engendre le système de la notation en évaluation. Dans le cadre de notre recherche, celui qui a particulièrement retenu notre attention est celui de la détérioration, chez certains élèves, de leur estime de soi. Cette dernière est, selon Maslow (1968), un besoin de survie. Harter (1982) donne à l’estime de soi une dimension multidimensionnelle en différenciant cinq domaines spécifiques pour lesquels l’estime de soi peut être évaluée, dont celui de compétence scolaire. Martinot (2006) nuance les propos de Merle. Selon l’auteur, les enfants, face à de mauvais résultats, ne voient pas leur estime de soi diminuer mais développent des stratégies pour maintenir une estime de soi élevée. Dans ce mémoire, nous nous sommes focalisées sur la stratégie de comparaison sociale, définie par Gibbons et Mc Coy (1991), car les interactions sociales sont primordiales dans la construction de l’estime de soi d’un individu (Cooley cité par Leyrit et al. 2011). Dans le cadre de notre recherche, nous nous sommes intéressées à l’influence des notes chiffrées sur la stratégie de comparaison sociale utilisée par les élèves pour maintenir leur estime de soi élevée. Pour ce faire, nous avons réalisé des entretiens semi-directifs : des entretiens individuels et des focus groupes. Nous les avons menés dans des écoles à pédagogie traditionnelle, évaluant soit de manière chiffrée, soit de manière non chiffrée (par degré d’acquisition des compétences). L’analyse thématique continue de ce matériau a abouti à des résultats, que nous avons formulés sous forme d’hypothèses. La première suppose que ce n’est pas l’évaluation chiffrée qui influence la stratégie de comparaison sociale, parce que les enfants élaborent, qu’ils aient des notes chiffrées ou non, les mêmes stratégies de comparaison sociale pour garder leur estime de soi élevée. Alors que, selon Bandura (2003), la comparaison à autrui est importante pour s’évaluer personnellement, nous pensons maintenant qu’elle est inévitable. Dans ce mémoire, nous proposons des pistes pédagogiques pour diminuer les comparaisons sociales forcées et pour amener l’enfant à se comparer aux élèves qui le pousseront à donner le meilleur de lui-même et non à ceux qui ne lui permettront pas de s’améliorer.