Émotions et humanisation de l’ennemi : la perception des Allemands par les occupés à Gand et à Lille pendant la Première Guerre mondiale
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- Par le biais de huit carnets intimes d’occupés nous avons analysé comment se construit et se développe au travers des émotions, la perception de l’occupant dans les zones d’étapes de Gand et de Lille pendant la Première Guerre mondiale. Vivre sous l’occupation signifie découvrir l’humanité de l’ennemi. Face à cette humanité, les occupés doivent faire un choix. Le refus de l’humanité de l’autre est une première réponse qui s’accompagne du refus de l’individualité. Une deuxième réponse est d’accepter cette humanité et l’individualité des Allemands. Est alors créée une distinction entre l’uniforme et l’individu, le premier étant détesté, le second respecté. Les diaristes reconnaissant l’humanité de l’autre sont plus réceptifs à leurs émotions. Les réactions qu’ils ont et l’empathie qu’ils montrent face à ces émotions dépendent de facteurs comme le genre, la ville et le contexte personnel. Les souffrances de la guerre exacerbent ou font naitre parfois la haine pour l’ennemi. La perspective de la paix permet la réhumanisation partielle de l’autre.