Exploration des liens entre la phénologie de la migration et la dynamique des populations nicheuses chez les oiseaux européens
Files
Joseph_33511500_2021.pdf
Open access - Adobe PDF
- 20.23 MB
Joseph_3351500_2021_Annexe5.pptx
Open access - Microsoft Powerpoint XML
- 22.13 MB
Joseph_33511500_2021_Annexe6.xlsx
Open access - Microsoft Excel XML
- 56.17 KB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- L’avifaune connaît un large déclin, tant au niveau mondial qu’au niveau européen. Les causes de ce déclin sont multiples et en interaction les unes avec les autres. Plus particulièrement, le changement climatique attire de plus en plus l’attention car les preuves de son effet sur l’avifaune s’accumulent. En Europe, il se traduit essentiellement par une augmentation globale des températures, des modifications dans le régime des précipitations, ainsi qu’une augmentation de la fréquence des événements météorologiques extrêmes. Au sein de l’avifaune, les oiseaux migrateurs semblent particulièrement sensibles à certaines des conséquences du changement climatique, en particulier les décalages de la phénologie. Dans cette étude, nous avons voulu déterminer si la durée de la migration prénuptiale est corrélée à la démographie des populations d’oiseaux migrateurs en Europe. Notre hypothèse de départ est qu’une certaine flexibilité dans la phénologie de migration des espèces pourrait leur procurer davantage de résilience face aux évènements météorologiques extrêmes. Pour ce faire, nous avons employé des données provenant de deux programmes de sciences citoyennes coordonnés par l’European Bird Census Council (EBCC) : PanEuropean Common Bird Monitoring Scheme (PECBMS – démographie des populations) et EuroBirdPortal (EBP – dynamique de migration). À l’aide d’une approche inférentielle multi-modèles incluant divers facteurs, nous avons ensuite examiné le lien entre la dynamique migratoire des oiseaux et les tendances de leurs populations à l’échelle européenne, estimées sur le long terme et sur une période plus récente de 10 ans (2008-2017). Nos résultats semblent indiquer que des différences existent entre les espèces migratrices totales, dont toutes les populations sont composées d’individus migrateurs, et les migratrices partielles, pour lesquelles des individus sédentaires et migrateurs coexistent au sein des populations nicheuses. En particulier, il semble que les migrateurs totaux qui étalent davantage leur retour de migration sur l’aire de nidification serait moins en déclin que celles dont les retours se font sur une courte période, la relation étant inversée pour les migrateurs partiels. Ces relations pourraient être liées au changement climatique en cours en Europe. Néanmoins, nos résultats sont entachés de plusieurs incertitudes, en partie liées au faible nombre d’espèces pour lesquelles cette analyse a pu être réalisée. Des études complémentaires sont donc nécessaires pour confirmer ces relations. Avifauna is in steep decline, both globally and in Europe. The causes of this decline are multiple and interacting with each other. In particular, climate change is receiving increasing attention as evidence of its effect on avifauna is accumulating. In Europe, it is mainly reflected in a global increase in temperatures, changes in precipitation patterns and an increase in the frequency of extreme weather events. Within the avifauna, migratory birds appear to be particularly sensitive to some of the consequences of climate change, particularly shifts in phenology. In this study, we wanted to determine whether the duration of prenuptial migration is correlated with the demography of migratory bird populations in Europe. Our initial hypothesis is that a certain degree of flexibility in the migration phenology of the species could make them more resilient to extreme weather events. To do this, we used data from two citizen science programmes coordinated by the European Bird Census Council (EBCC): PanEuropean Common Bird Monitoring Scheme (PECBMS - population demography) and EuroBirdPortal (EBP - migration dynamics). Using a multi-model inferential approach including various factors, we then examined the link between the migration dynamics of birds and their population trends at the European scale, estimated over the long term and over a more recent 10-year period (2008-2017). Our results seem to indicate that differences exist between fully migratory species, for which all populations are composed of migratory individuals, and partially migratory species, for which sedentary and migratory individuals coexist within breeding populations. In particular, it seems that full migrants who spread out their return migration more on the breeding area would be less in decline than those whose returns take place over a short period of time, the relationship being reversed for partial migrants. These relationships could be linked to the ongoing climate change in Europe. Nevertheless, our results are affected by several uncertainties, partly related to the small number of species for which this analysis could be carried out. Further studies are therefore needed to confirm these relationships.