Les représentations sociales comme obstacle à la gestion des espèces exotiques envahissantes : étude qualitative du cas du raton laveur
Files
Rochat_35061800_2024.pdf
Open access - Adobe PDF
- 2.31 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Ce mémoire multidisciplinaire explore comment les représentations sociales des espèces exotiques envahissantes influencent leur gestion, en se focalisant sur le raton laveur en Wallonie. L’objectif principal est de déterminer si ces représentations constituent un frein aux exigences de gestion de cette espèce. L'hypothèse principale suggère que le caractère anthropophile et l'apparence attendrissante du raton laveur peuvent effectivement entraver les efforts de gestion. Les objectifs secondaires consistent à explorer si la gestion du raton laveur est impactée par les dimensions émotionnelles et symboliques qui lui sont associées, par la concordance des individus avec les modèles éthiques d’Huybens, ainsi que par l'influence de leurs connaissances. L’hypothèse secondaire postule que les connaissances des individus influencent effectivement les représentations sociales. Par conséquent, la sélection de l’échantillon étudié, constituée d'étudiants de deux formations différentes, est liée à cette hypothèse. En effet, pour mener cette étude, des entretiens semi-directifs ont été réalisés avec six bioingénieurs et six ingénieurs de gestion. Ces entretiens ont ensuite été analysés qualitativement à travers la méthode de la théorisation ancrée. L'analyse a fait émerger quatre thèmes principaux : la perception du raton laveur, l'acceptation de la gestion, les perspectives sur la gestion, et les considérations éthiques et responsabilités. Il en ressort que les représentations sociales, largement influencées par diverses sources médiatiques, ont une forte influence sur les attitudes des individus, compliquant ainsi la gestion de cette espèce. Les bioingénieurs, bénéficiant de connaissances plus approfondies, adoptent une approche plus rationnelle. Toutefois, ils sont confrontés à une dissonance cognitive, en partie due aux considérations morales liées au bien-être animal. Cette recherche se distingue par son exploration approfondie des interactions entre les représentations sociales, les connaissances techniques, et les attitudes envers la gestion des espèces exotiques envahissantes. A l’ère de la crise climatique, ce mémoire en lumière la nécessité de prendre en compte ces interactions dans les politiques de gestion et les campagnes de prévention. L'étude est limitée par la taille de l'échantillon, qui ne permet pas une généralisation des résultats à l'ensemble de la population. De plus, la méthode inductive employée et l'adaptation des entretiens en fonction des participants peuvent introduire une certaine subjectivité. Malgré les efforts pour maintenir une neutralité, il est possible que les opinions personnelles de la mémorante se reflètent involontairement dans l'analyse. Il est recommandé d'étendre la recherche à un public plus large et diversifié, ainsi que de renforcer les efforts de sensibilisation en intégrant les dimensions émotionnelles et symboliques dans les stratégies de gestion.