Le transport fluvial de marchandises en Wallonie. Contexte et impact de l'ouverture du Canal Seine-Nord Europe
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- Bien que lent, le transport fluvial de marchandises est reconnu et défendu pour sa capacité à transporter massivement, en sécurité, en toute fiabilité et avec un faible impact environnemental. Longtemps délaissé au profit du transport routier, il retrouve aujourd'hui de l'intérêt grâce à des coûts externes moins élevés par tonne transportée, particulièrement en ce qui concerne la congestion et les émissions de gaz à effet de serre, deux enjeux majeurs de notre époque. Les utilisateurs du transport fluvial ont pointé plusieurs problématiques et rappelé que certaines solutions existaient déjà. Les goulets d’étranglement, qui diminuent le nombre de tonnes pouvant être transportées par les péniches sur certains segments, sont identifiés et les responsables travaillent à en augmenter le gabarit. Les autorités portuaires et les directions des intercommunales collaborent désormais pour éviter que des entreprises n’ayant pas de potentiel pour réaliser du transport fluvial s’installent en bord de voie d’eau. Le manque de bateliers reste un problème auquel l’automatisation des bateaux pourrait offrir une solution, bien qu’elle ne fasse pas l’unanimité parmi les acteurs du milieu interrogés. Pour permettre au transport fluvial d’accueillir des flux supplémentaires et de devenir plus compétitif par rapport au transport routier, la question la plus cruciale à résoudre est l’ouverture permanente des écluses. Cette ouverture réduirait le temps de transport, et ipso facto son coût. Cette diminution couplée à la fiabilité du transport fluvial la rendrait plus compétitive face au transport routier. L’ouverture du Canal Seine-Nord Europe permettra aux péniches à grand gabarit de relier Paris aux ports d’Anvers et de Rotterdam. Elle boostera le transport fluvial sur la majorité des cours d’eau wallons avec des pics atteignant une augmentation jusqu’à 23,3%. Les estimations annoncent une baisse des flux de marchandises par transport routier jusqu’à 8% en Wallonie, permettant une réduction des coûts externes dus à la congestion, aux accidents, aux nuisances sonores et aux émissions de gaz à effet de serre. Ces chiffres ont été estimés à l’aide du logiciel NODUS mais il est à signaler que ces résultats sont basés sur des données datant de 2010 avec un découpage territorial en NUTS-3 permettant la lecture des données mais diminuant la précision. Ce sont aussi des résultats tirés d’un modèle simplifié et dont il n’existe pas la possibilité de valider les estimations.